Souvenirs de guerre.
J'avais 9 ans en 1940, j'ai bien vécu la guerre car à 9 ans je ne me rendais pas compte des faits.
Hitler avait donc décidé qu'il fallait changer nos prénoms lors du passage en Allemagne (Anne devenait Anna ou Pierre devenait Peter). Cela me paraissait assez suspect de changer nos prénoms mais j'ai dû faire avec. Le soir chez eux lorsqu'ils écoutaient la radio, il ne fallait écouter que les radios allemandes car le soir les nazis passaient dans les rues et écoutaient à chaque fenêtre si les gens écoutaient bien la radio allemande et non la radio française ou anglaise, et si par malheur un nazi s’apercevait que quelqu’un écoutait une radio autre que allemande; leur radio leur était confisqués.
La plus grande difficulté pour moi pendant cette guerre a été au niveau de l’alimentation car nous n’avions que très peu de lait, de pain. Pour les jeunes enfants, comme moi, nous avions le droit à du pain blanc. Je me souviens que lorsqu’il fallait chercher de la nourriture, nous devions prendre des tickets où il y avait écrit la quantité en gramme de pain ou de lait que devait nous donner le boulanger, il ne nous donnait pas plus.
Au niveau des transports tout se faisait à pied, nous allions à l’école à pied, mes parents partaient travailler à pied également, il n’y avait aucun transport à l’exception du train pour les grands trajets.
Le débarquement des Américains s’est fait savoir de bouche à oreille par quelqu’un qui avait réussi à écouter la radio anglaise en cachette et cela sans se faire prendre par les nazis. C’était une grande chance !!!
" Lors de la Libération, c’était le grand soulagement, c’était la fête, je me souviens encore nous avions dansé, crié, chanté des chansons alsaciennes sur la place en bas de chez moi. Tout le monde avait mis des drapeaux français à leurs fenêtres pour montrer leur fierté. Ce qui m’avait vraiment marquée et ce qui m’avait aussi fait beaucoup rire c’est au moment où les hommes français ont coupé les cheveux à ras aux femmes des nazis pour se venger et pour montrer qu’ils étaient les meilleurs".
Témoignage recueilli par Aude et Mélanie.