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Le camp de Struthof

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par Sonia Ducottet et Mélissa Bauer.

Le camp de Struthof

Difficile d’imaginer que le camp de Struthof était associé aux sport d’hiver avant guerre et soit aujourd’hui synonyme de mort. Un camp de concentration parmi les nombreux qui existaient sous le pouvoir hitlérien. Il a également servi comme camp expérimental d'extermination. Il est difficilement imaginable qu'à une cinquantaine de kilomètres de Strasbourg, près de Schirmeck, sur le site de la belle vallée de la Bruche, en plein massif vosgien, les meurtriers nazis aient sévi dans toute l'horreur de leur projet infâme.

1°/ Le camp de concentration

Dans une Alsace annexée depuis juin 1940, Himmler décide le 3 mars 1941 de créer à proximité du camp d'internement de Schirmeck un "camp de travail" réservé aux "criminels notoires et asociaux". Prévu pour 2000 détenus, il en contint jusqu'à 8000 à l'automne 1944 !

La première raison invoquée pour le choix du Struthof fut l'existence à 1 km de cet endroit d'une carrière de granit d'où les forçats devaient extraire les pierres destinées aux besoins des Allemands. Par la suite les déportés furent affectés à des travaux de terrassement et d'aménagement de routes. Les malheureux étaient laminés jusqu'à l'épuisement total.

Le camp comprenait 17 baraquements en bois étagés en 9 plates formes à flanc de coteaux communiquant par des escaliers. Il était entouré par un double réseau de barbelés et surveillé par 8 miradors. A l'extérieur, furent installées d'autres baraques et des ateliers tandis qu'une villa fut réquisitionnée pour le commandant.

Les prisonniers qui arrivaient en train jusqu'à la gare de Rothau devaient effectuer à pied les huit kilomètres qui les séparaient du Struthof, sous les coups et les hurlements d'une horde de SS. Tout d’abord ce fut des prisonniers de droit commun allemands puis des déportés de diverses nationalités (Polonais , Russes , Hollandais , Français , Allemand , Norvégien…)

2°/ Le camp d’extermination

Au Struthof, une dépendance d’un hôtel qui était située à proximité du camp fut transformée en chambre à gaz et servit durant l’été 1943 (époque au cours de laquelle fut édifié un four crématoire.)

En 1943 ( entre le 11 et le 19 août), 87 juifs furent transportés jusqu’à Auschwitz. Ces détenus furent gazés au Struthof et leurs squelettes furent envoyés au professeur Hirt de l’université de Strasbourg afin d’enrichir sa collection.

Des femmes juives furent également envoyées dans cet endroit, gazées et leur corps martyrisés servirent à des expérimentations anatomiques au cours de ce même mois.

Dans la nuit du 1 er au 2 septembre 1944, des membres du réseau de résistance « Alliance », exactement 106, furent exécutés d’une balle dans la nuque.

L’évacuation du camp commença le 30 août 1944 vers celui de Dachau. Le 23 novembre l’armée française libera le camp.

Aujourd'hui, le Struthof est devenu un lieu de mémoire pour que, d'une part, le souvenir des quelques 12000 martyrs qui y ont trouvé la mort par l'épuisement ou par les massacres, soit perpétué de génération en génération, et pour que, d'autre part, chaque visiteur puisse lancer en toute connaissance de cause cet appel : "Plus jamais çà!".

Lieu de pendaison
Le mémorial

Le crématoire

Entrée du camp