Souvenirs de guerre.
En 1940, elle avait 14 ans. L'annexion ne s'est pas trés bien passée . Elle l'a vécue trés mal et avec beaucoup de haine. Il y avait de nombreuses difficultés. Pour l'alimentation, ils avaient des tickets (pour le pain, la nourriture...)et en quantité imitée . Au niveau du transport il n'y avait pas cinquante solutions. Ils prenaient le train quand il y en avait, sinon ils marchaient. Au niveau du travail, elle a été mutée à Mulhouse dans une usine qui portait le nom de ELMAGUE. Au niveau des bombardements, elle se souvient de quatre bombardement dans l'ordre:
Premier bombardement: ils ont vu un trait blanc dans le ciel et ils ont dû se rendre dans une cave.Il y avait beaucoup de bruit et ils ne savaient pas ce qui se passait. Un tir a touché leur cave et ils ont été expulsés au loin mais sans gravité heureusement. Quand ils sont ressortis, ils ont vu une usine entiérement détruite.
Deuxième bombardement: ils sont montés au Rebberg et ils se sont cachés dans un tas de foin. Ensuite ils sont retournés en ville et ils ont vu un magasin de musique entiérement détruit. Ils ont vu tous les instruments épaprpillés. Dans les souterrains du Buenker, il y avait plein de victimes.Trois jeunes femmes étaient assises prés de la gare et elles se sont faites tuées sous les yeux de notre témoin.
Troisième bombardement: c'était le 25 juin 1944. Ils se sont sauvés vers le canal (qui est une piscine municipale aujourd'hui). Tout autour d'eux, il y avait beaucoup de blessés et ils se demandaient comment ils avaient fait pour survivre.
Quatrième bombardement: quand il y avait les alarmes, ils ont été obligés de fuir. Ils couraient n'importe où pour échapper à la mort.
Nous avons appris le débarquement des Américains clandestinement par la radio et par le biais de la FFI.
La Libération était un moment fabuleux, grandiose. Ils ont été libérés par un régiment américain, venue par le chemin de Brigau aujourd'hui rue des Libérateurs. Ils ont mis trois semaines pour être libérés. C'était un soulagement quand ils ont appris la Libération. Mais aprés la Libération tous ces gens ne pouvaient pas rattraper leurs jeunesses perdues.
Pendant la guerre, ils ont caché un soldat. Il était Italien. Il est resté caché chez eux de septembre à février. Quand il est reparti, il a été fait prisonnier quelques métres plus loin.
Témoignage recueilli par Stéphanie.
Trois jeunes femmes étaient assises prés de la gare et elles se sont faites tuées sous les yeux de notre témoin.